Les personnalités politiques à suivre en 2013

Petit tour d’horizon en ce début d’année 2013.

Prabowo Subianto

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Le favori des élections présidentielles de 2014 – tous les instituts de sondage le donnent gagnant – a frappé un grand coup lors des élections locales à Jakarta. L’ancien général dont beaucoup disent qu’il a les mains sales – enlèvements d’activisites, implication dans des exactions au Timor et répression à l’encontre des membres de la minorité chinoise en 1998 – a soutenu le candidat du PDI-P Joko Widodo (Jokowi) et son colistier, l’indonésien d’origine chinoise Basuki Tjahaja Purnama (Ahok). En réaction, une partie de la communauté chinoise de Jakarta a changé d’avis sur l’ancien chef des Kopasus, en faisant alors un candidat pour lequel elle serait  prête à voter. Dans les Kampung  (villages), le nom de Prabowo arrive en tête de liste pour tous les déçus de la Reformasi. Pour eux, qu’importe si Prabowo a commis des crimes dans le passé, il représente une Indonésie forte, qui ne renonce pas, et qui s’affirme comme une puissance régionale que l’on doit respecter. Il représente aussi le pouvoir ancien, celui du temps de Suharto (Prabowo fut son gendre avant son divorce avec Titiek), une époque que beaucoup – y compris parmi les plus jeunes – viennent à regretter.

Homme fort de Gerindra (parti pour une grande Indonésie), Prabowo séduit aussi les politiciens. L’ancien colistier de Megawati (PDI-P, présidente entre 2002 et 2004) lors des élections présidentielles de 2004 voit son nom associer à différents partis politiques. Pourtant, il ne s’exprime que très peu dans les médias. L’on sait uniquement que l’ancien chef des Kopassus (forces spéciales indonésiennes) bénéficie de fonds importants qui devraient lui permettre de financer sa campagne. Toujours interdit de séjour aux Etats-Unis (ils sont plusieurs en Indonésie dans ce cas de figure…), l’ami personnel du Roi de Jordanie devra cependant s’allier avec une figure de proue du monde politique indonésien et surtout ne pas s’aliener, si ce n’est déjà fait, les Tycoons sino-indonésiens. Mais il dispose de deux atouts majeurs pour la population : ancien militaire et javanais.

 

Jusuf Kalla

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Le meilleur vice-président que l’Indonésie a pu connaître. Mais peut-être aussi le pire des présidents que l’Indonésie pourrait avoir, selon les dires de certains observateurs. L’ancien vice-président lors du  premier mandat de SBY apparaît aux yeux de la population comme un espoir. Lui qui fut trahi par son propre parti – le Golkar – en 2009, a une revanche à prendre. Elle a déjà pris forme si l’on en croit la popularité de l’acteul président du PMI, la croix rouge indonésienne. Il convient de se rappeler que lors du Tsunami des îles Mentawai, la plupart des hélicoptères présents n’étaient pas ceux de l’armée, mais ceux du PMI. Même chose lors de l’éruption du volcan Merapi, ou les Kopassus utilisèrent des bulldozer du PMI, financé et acheminé sur ordre de Jusuf Kalla.

Fin politique, Jusuf Kalla a tout pour réussir en 2014. Il pourrait même recevoir le soutien des Tycoons chinois. Il lui manque cependant un détail essentiel : un parti susceptible d’endosser la candidature de l’une des personnalités préférées des Indonésiens. Car c’est là que se pose le problème. Le Golkar roule pour Bakrie et le PDI-P tergiverse encore sur l’identité de son prochain leader. Reste alors des partis de moindre ampleur ou divisés. Certains espèrent voir un ticket engageant Jusuf Kalla avec une autre personnalité indonésienne. Reste à savoir qui acceptera de jouer le jeu avec l’ancien vice-président.

 

Joko Widodo (Jokowi)

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Assurément l’homme indonésien de 2012, le fraîchement élu gouverneur de Jakarta est devenu en peu de temps celui que tout le monde s’arrache. L’ancien maire de Solo (Surakarta, Java Centre) a réussit à être élu sur un parachutage électoral qui ne lui laissait pourtant que peu de chance. L’homme qui alors maire de Solo avait refuser de toucher son salaire – sa famille étant aisée, il avait déclaré pouvoir se contenter de ses biens  et revenus – a réussi a écraser des concurrents qui ne furent pas des modèles de vertu durant cette campagne. Ses propositions sociales ont reçu un bon accueil à Jakarta et si Jokowi a dû céder sur certains dossiers, il reste l’un des homme politique les plus populaires du pays. Et le javanais ne prend pas de gants quand il s’agit de réorganiser les équipes en charge de la gestion de la capitale. Il a su aussi se montrer impliqué lorsqu’il a déclaré l’Etat d’urgence suite aux inondations de Jakarta le 17 janvier dernier.

Tout semble trop beau  pour lui, et c’est là que risque de se poser un problème de taille. Son parti politique d’appartenance – le PDI-P – semble voir en Jokowi la personne idéale pour les élections présidentielles de 2014, et certains au sein du parti pousse en ce sens. Grave erreur, car la population de Jakarta ne lui pardonnerait sans doute pas de délaisser la capitale moins d’un an après avoir été élu. Il reste à espérer pour l’Indonésie que cet homme politique progressiste puisse résister aux pressions au sein même du parti, pour s’affirmer en 2019 comme le candidat idéal pour le pays.

 

Le Nasdem : Surya Paloh et Hary Tanoe(subjido): je t’aime, moi non plus

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Surya (gauche) et Hary (droite)

Les deux hommes ont pour point commun de dominer les grands groupes de médias en Indonésie (MNC pour Hary, Metro Group pour Surya). Lorsque Surya Paloh décide de quitter le Golkar, c’est pour lancer son propre mouvement, le Nasdem (Nasional – Demokrat), à la fin de l’année 2010..Sans pour autant faire frémir les sondages, le duo Surya – Hary semblait pouvoir tenir la corde, et surtout, recevoir le soutien financier des indonésiens d’origine chinoises. Mais voila, Hary a décidé de plaquer Surya et le Nasdem. Il faudra donc suivre ce que deviendra le parti cette année, alors qu’il a été autorisé à présenter ses candidats aux élections législatives et présidentielles de 2014.

En bonus, la première campagne du Nasdem en vidéo ici

 

D’autres n’ont que peu d’espoir, mais on ne sait jamais trop ce qu’il en est dans l’Archipel.

Aburizal Bakrie (Ical)

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Le magnat indonésien et chef du Golkar semble voir ses appuis se réduire ces dernières semaines. Il n’y a plus grand monde en Indonésie pour croire en Ical, son surnom,  comme président. Concernant son empire économique, la fin de l’année 2012 et le début de 2013, les nouvelles ne sont pas spécialement bonne pour la famille Bakrie, avec des investissements hasardeux dans le monde du football (n’est pas le Qatar qui veut…) et des tensions au sein de différents conseils d’administration où Ical et ses intérêts sont présents.

Mais Ical sait rebondir. Le désastre de Lapindo, pour lequel la responsabilité du conglomérat Bakrie est engagé, ne devrait pas avoir de conséquences néfastes pour Ical.

Megawati

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Présidente entre 2002 et 2004, candidate en 2004 et 2009, fille du père de l’indépendance, Sukarno. Un dinosaure politique qui est tenté de concourir une nouvelle fois en 2014. Sans doute la fois de trop.

Lutfhi Hassan, Anis Mata et le PKS

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Les défenseurs de la vertu islamique du parti pour la justice et la prospérité ont du plomb dans l’aile. Le dernier scandale en date implique Lutfhi Hassan, président du parti, qui a débuté sa journée la semaine dernière auprès des membres de la KPK, la commission pour l’éradication de la corruption. L’enquête porte sur des pots de vins versés dans le cadre d’un marché d’importation de viande de bœuf. S’ajoute à cela une histoire avec une escort girl de 19 ans, payée 10 millions de roupies pour deux heures de « conversation » avec l’un des hommes de main de Lutfhi.  Lutfhi fut selon la police une personne difficile à arrêté.  L’animal ayant trois femmes, les policiers ont du se rendre chez chacune d’entre elles. Après la vidéo porno d’Anis Mata (le numéro deux du parti)  et celle visionnée en pleine session parlementaire par un membre du PKS, encore un scandale ou le sexe ne semble décidémenent pas si loin de  l’idéologie des dirigeants du parti. Une chose est sûr, le PKS – qui a tout de même réussi à confisquer une grande partie des postes à responsabilités de Muhammadyiah, l’une des deux grandes organisations du pays –  est en train de perdre le soutien qu’il avait si difficilement acquis. Une nouvelle preuve, s’il en fallait, que religion et politique ne font pas bon ménage en Indonésie – et ailleurs.

 

Hatta Rajasa

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Le ministre coordinateur pour les affaires économiques y a peut-être trop cru. En mariant sa fille avec le dernier rejeton de la famille SBY (Ibas), il pensait avoir sceller une alliance politique avec le parti démocrate (PD, parti au pouvoir). Sauf que Hatta est contesté au sein même de sa formation, le PAN. Par ailleurs, les médias se sont emparés de l’accident mortel dont son fils de 21 ans est responsable. Au volant de son BMW X-5 – pas franchement la voiture de M. tout le monde – le plus jeune du clan Hatta est responsable de la mort de deux personnes, alors qu’il revenait d’une soirée du Nouvel An. Les précisions suivantes peuvent sembler verser dans le gossip mais elles sont importantes pour comprendre la mentalité des élites – et de leurs familles – en Indonésie. Une fois hors de son véhicule, le rejeton n’a rien trouvé de mieux que d’essayer de changer les plaques d’immatriculations de son SUV…

 

Outre ces 4, qui sont pour qui les perspectives de succès en 2014 s’assombrissent, la classe politique indonésienne a aussi ses idiots du villages.

Suryadharma Ali (PPP,  ministre des affaires religieuses)

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Selon la constitution indonésienne, toute minorité religieuse dispose de la liberté d’exprimer sa foi. Seul problème, l’actuel ministre des affaires religieuses, Suryadharma Ali. Pour lui, les ahmadis comme les chiites doivent se convertir au sunisme. Quant aux minorités chrétiennes de Bogor qui ne peuvent exercer leur culte, ce n’est pas son problème. Le dirigeant du PPP, un parti religieux, s’est fait remarqué récemment lorsqu’il a proposé aux leader du FPI et du NNI de rejoindre son parti et de se présenter aux élections législatives sous la bannière du parti. Une belle preuve de tolérance, n’en doutons pas…

Marzuki Alie (Partai Demokrat)

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Le président du parlement indonésien est un homme de conviction, mais ses capacités intellectuelles semblent lui faire défaut. Quand les Etats-Unis annonce le déploiement de Marines à Darwin, il s’inquiète dans la presse : pour lui, tout est fait par Canberra et Washington pour prendre le contrôle du pétrole en mer du Timor. Spécialiste des déclarations à l’emporte-pièce, Marzuki s’est distingué au mois de janvier 2013 en annonçant à la presse sa décision de soutenir un projet de loi quelque peu particulier. Ce dernier, soutenu par le Conseil des Oulémas indonésiens (MUI) vise à déclarer les importations de importations sont une menaces pour les producteurs locaux, elles doivent donc être considérée comme  haram

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