La Marine Indonésienne : quel ordre de bataille ?

Le nouveau fer de lance des TNI-AL ©Bruno Cleries

Classe Sigma

Alors que la marine indonésienne poursuit sa modernisation –s’inscrivant dans le plan Minimum Essential Force 2014 (MEF) – il convient de s’intéresser a son ordre de bataille. Majoritairement constituée de petites unîtes de type patrouilleurs, les dernières acquisitions des TNI-AL semble changer quelque peu la donne. Doit-on pour autant voir la marine indonésienne se transformer en véritable Blue Water Navy capable d’assurer le rôle de vecteur de puissance ? Rien n’est moins sur tant le chemin à parcourir reste long.

A ce jour, le noyau dur des TNI-AL est composé de frégates de classe Ahmad Yani – ex classe Van Speijk néerlandaises – au nombre de six et entrées en service sous le pavillon indonésien entre 1986 et 1990. Ces bâtiments, relativement anciens et parfois mal équipés – ont été rejoints à partir de 2007 par les quatre corvettes de classe Sigma, achetées aux Pays Bas. Les Sigma sont des bateaux modernes et excellemment bien équipés si l’on les compare aux Ahmad Yani. Elles s’affirment comme le nouveau fer de lance de la marine indonésienne, aux cotés des quatre LDP de classe Makassar.  Le couple Sigma/Makassar semble permettre d’accomplir un large spectre d’opération, répondant ainsi à l’ebauche de doctrine d’emploi des forces des TNI-AD.  Cependant, quatre corvettes et quatres LPD, c’est peu. Voire trop peu pour une nation archipélagique comme l’Indonésie. Rappelons que la distance entre Banda Aceh a Sumatra et Timika en Papouasie est de plus de 4.000 kilomètres. Soit en gros la distance qui sépare Londres de Bagdad. Et que le domaine maritime indonésien représente plus de cinq millions de km2.

Les nouveaux LPD indonésien

Ces données géographiques ont une importance primordiale afin de mieux comprendre l’ordre de bataille indonésien. Et la suite de cette description permet de mieux appréhender la modernisation enclenchée par la MEF. Aux cotés de ces bâtiments viennent trois frégates de classe Fatahillah – d’origine elles aussi néerlandaises – dont l’entrée en service remonte a 1979 et une classe Ki Hajar Dewantara, de construction Yougoslave servant sous le pavillon indonésien depuis 1981. Puis, viennent les fameuses corvettes Parchim : 16 corvettes à vocation ASW, acquises lors de la réunification allemande (ces corvettes construites par Volksmarine ont été utilisées précédemment par l’ex-RDA). Ces bâtiments anciens ne sont pas spécialement adaptés aux missions actuelles des TNI-AL. Il convient cependant de rappeler que cette vocation ASW fut sans doute très utile dans le détroit de Wetar…(une présentation des détroits indonésiens viendra prochainement sur ce blog).

les surprenants ferry des TNI

Vient ensuite la multitude de patrouilleurs (voir table), essentiel pour sécuriser les eaux archipélagiques et lutter contre le prisme très large de menaces. La classe Clurit est la dernière née, conçue par les chantiers PT Palindo a Batam. Notons que certains de ces patrouilleurs ont la capacité de tirer des C-802. S’ajoute à ces patrouilleurs deux chasseurs de mines classe tripartie, un nombre considérable de bâtiments en charge des études hydrographiques, de nombreux LST ex- allemands ou ex-sud-coréens et un navire de ravitaillement (KRI Sorong). A noter, pour le coté exotique, les fameux ferries des TNI-AL, de classe Karang Pilang, relativement surprenant la première fois que l’on en observe un !

Les forces sous-marines sont équipées de deux vieux U-209 classe Cakra qui doivent être rejoint par quatre autres submersibles de classe U-209, construits par le Sud-Coréen Daewoo*pour le premier exemplaire, puis sous licence par PT. Pal. L’aéronautique navale est sans doute l’un des points faibles des TNI-AL : douze CASA CN-212 dont certains sont équipées pour la surveillance maritime, trois 737 modifiés – opérés par l’armée de l’air indonésienne – et trois CN-235. Le MEF prévoit que les TNI-AL disposeront d’un minimum de seize CN-235 et certaines sources parlent de vingt quatre de ces aéronefs, sans préciser s’ils seront tous équipés pour la surveillance, voire la patrouille maritime. Les hélicoptères sont quant a eux relativement absents, a l’exception de quelques Bo-105 et Super-Puma

 

*concernant ces derniers, les dernières nouvelles laissent entendre que, finalement, le contrat a du plomb dans l’aile

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